Anish Kapoor, couleur et espace
Je tiens a inaugurer la rubrique "arts visuels" avec une présentation de l'oeuvre d'Anish Kapoor, sans doute l'un des plus grands plasticiens modernes.
Né a Bombay en 1954, Anish Kapoor étudie en Inde, a la Doon School de Dehra Dun. Il arrive en Angleterre a l'âge de 18 ans, et y vit toujours. Etudiant au Hornsey College of Art, puis a la Chelsea School of Art Design, il commence a se faire connaitre au début des années 80, par son style novateur et son travail de l'espace proprement impressionant. Monochromatiques et généralement épurées, les oeuvres de Kapoor frappent pourtant par leur intensité.
Les premières oeuvres de Kapoor semblent recouvertes de pigments de couleurs vives, ce qui renvoie aux tas d'épices colorés des marchés indiens. L'oeuvre Mountain, créée en 1995 a Toronto, constitue un tournant dans son oeuvre, qui devient par la suite beaucoup plus monumentale. Cette oeuvre en aluminium reprend la forme de certaines de ses premières oeuvres, mais en introduisant cette fois-ci une majesté et une monumentalité qui s'accorde parfaitement avec la couleur de l'oeuvre, qui se rapproche de celle de la roche.
La fin des années 90 est ainsi marquée par la création d'oeuvre massives, reflétant la majesté et la monumentalité de la pierre.
En 1999, Anish Kapoor crée l'une de ses premières oeuvres monumentales, Taratantara, installée au Baltic Center de Gateshead, en Angleterre. La monumentalité rejoint ici une incroyable simplicité dans la forme.
A partir de 2001, Anish Kapoor réalise de nombreuses oeuvres basées sur des miroirs ou des surfaces réfléchissantes déformant le spectateur et son environnement.
L'une de ces oeuvres les plus emblématiques est sans aucun doute le Sky Mirror de Nottingham, inauguré en 2001.
En 2002, Kapoor achéve son oeuvre la plus monumentale, Marsyas, immense trompe en acier et PVC installée a la Tate Modern et Londres.
Ci-dessus, Ishi's light, oeuvre de 2003, entre réflexion et travail des formes.
Avec Could Gate, inaugurée en 2004 au Millenium Park de Chicago, Kapoor va encore plus loin dans sa recherche sur la réflexion de l'environnement, jouant avec la dualité reflet-réalité. L'oeuvre, bien que monumentale, est dématérialisée par cette réflexion de la lumiére donne une impression de légéreté, la rendant presque désincarnée. La grande sculpture, construite en acier inoxydable, pése environ 100 tonnes.
En 2005, il inaugure pour le musée des arts contemporains de du Grand-Hornu une oeuvre aux dimensions impressionantes baptisée Melancholia, apparentée au Marsyas de la Tate Modern.
En 2006, un nouveau Sky mirror, plus grand que l'original, est installé a New-York.
Bien que l'oeuvre d'Anish Kapoor puisse ne pas plaire a tous, ses oeuvres méritent d'être vues. Car, comme tous les grands artistes contemporains, l'oeuvre de Kapoor se situe de plus en plus entre art et expérimentation. Pour en avoir vu une partie lors d'une exposition au musée Guggenheim de Bilbao, je puis vous dire que certaines de ses peuvres sont réellement impressionantes, et appellent tant a la réflexion qu'a l'admiration. Je terminerai cet article par une série de photos illustrant le récent travail effectué par l'artiste, avec une série d'oeuvres en cire d'un rouge trés particulier qui m'ont fait forte impression.
Récemment, Anish Kapoor s'est impliqué dans l'élaboration du design du métro de Naples, ainsi que dans des décors pour les chorégraphies du danseur contemporain Akhram Khan. Il travaille également sur un projet de mémorial dédié azux victimes des attentats du 11 Septembre.
Je reviendrai sans doute dans un autre article sur quelques oeuvres que j'ai pu voir lors de l'exposition du musée Guggenheim et qui m'ont fait forte impression...