The social Network: Facebook tout en finesse
Aprés une longue attente, j'ai enfin pu voir le nouveau film de David Fincher: The Social Network, sur lequel je fondais beaucoup d'espoirs, tant le sujet m'intriguait. Je me demandais comment Fincher, virtuose de la réalisation, allait aborder le sujet assez délicat de la naissance de Facebook et de l'émergence de son auteur, Mark Zuckerberg. Le sujet, extrémement récent, était délicat a aborder, et j'étais curieux de voir ce que Fincher allait en faire, tant il différait de L'étrange histoire de Benjamin Button, son film précédent, inventif et fantastique.
Et aprés cette séance, aprés avoir vu ce film, je peut le dire ouvertement: le cinéma de David Fincher est magique. Aprés un Benjamin Button tout simplement génial, le réalisateur récidive, changeant d'atmosphére, de sujet, de genre, avec brio. C'est a cela aussi qu'on reconnait un grand réalisateur.
Mais The Social Network est aussi le film de la révélation Jesse Eisenberg, qui fait ici un numéro impressionant. A tel point que je partage la vision du magazine Télérama, qui l'imagine bien gagner l'Oscar... Eisenberg serait alors, a 26 ans, le plus jeune acteur a remporter la récompense tant convoitée. L'avenir nous le dira...
Jesse Eisenberg nous montre Mark Zuckerberg comme un génie, mais un génie antipahtyque. La première scéne du film est en cela impressionante. Zuckerberg, largué par sa petite amie, rentre chez lui et, sous l'effet de l'alcool, crée en une soirée un site permettant de noter toutes les filles de Harvard, et d'élire la plus canon. Déja, le buzz est total, et déja, Mark se fait beaucoup d'ennemis. C'est ainsi que nait et grandit Facebook. Mark Zuckerberg, nerd frustré de Harvard, devient le plus jeune milliardaire de tous les temps. Mais il est toujours aussi seul, toujours aussi frustré et immature, malgré les dollars.
A coté de ce personnage qui nous intrigue et nous révulse comme il nous fascine, gravitent des seconds rôles effacés mais efficaces. Le plus réussi d'entre eux est sans aucun doute Sean Parker, opportuniste sans vergogne interprété par un Justin Timberlake trés inspiré. Cependant, tout le film gravite autout de Mark Zuckerberg, a la fois génial et médiocre, loin de l'image que l'on se fait du génie...
Je tiens enfin a signaler une scène particulière dans le film, qui m'a impressionné; car elle représente selon moi tout ce qui fait que le cinéma est un art original, avec ses codes et ses caractères propres. Il s'agit de la course d'avirons a Monaco, que les frères Winklevoss perdent pour quelques centiémes de secondes. Je n'ai pas réussi a trouver cette scéne sur Internet, mais j'invite tous ceux qui ont vu ou vont bientôt voir le film a repérer ce petit bijou de virtuosité, et a me dire ce qu'ils en pensent.
Je n'irai pas plus loin dans l'analyse de ce film, de peur que ma plume hésitante enléve tout envie aux futurs spectateurs; je conseille seulement a tous mes lecteurs de le voir, tant ce petit bijou mérite le coup d'oeil. Il ne reste plus qu'a attendre quelques années, pour connaitre la fin de l'histoire...