Tchaikovsky, 3éme partie: L'âge d'or

Publié le par napo64

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Le début des années 80 est véritablement une préiode dorée pour Tchaikovsky,  qui jouit a présent d'une réputation internationale, y compris parmi les plus grands musiciens de l'époque...

 

Il compose énormément. C'est a la fin de l'année qu'il achéve enfin sa Sérénade pour cordes. Il faudra cependant un an encore pour qu'elle soit jouée, a Saint-Pétersbourg. La voici en intégralité, interprétée par l'Orchestre Philarmonique de Séoul, sous la direction d'Igor Gruppman. Au célébrissime deuxième mouvement, je préfère les premières minutes, qui dégagent une émotion rares:

 

 

1880 est aussi l'année de la célébrissime Ouverture solennelle 1812, commémorant la victoire des Russes contre la Grande Armée de Napoléon Ier. Cette ouverture est en réalité un mélange de bon nombre de chants populaires russes et de chants militaires, la musique de Tchaikovsky prenant parfois des airs de Marseillaise... Il me serait impossible de donner le nombre d'oeuvres ou l'Ouverture fût reprise, tant cette musique inspira les chanteurs modernes, et surtout les cinéastes, parmi lesquels Richard Lester (Help!), Woddy Allen (Bananas), Peter Weir (Le cercles des poétes disparus) et bien sur l'incroyable V pour Vendetta... Elle est aussi employée a Paris lors du feu d'artifice du 14 Juillet... Drôle de destin pour une musique commémorant la défaite de l'armée française... La voici jouée par l'Orchestre de Philadelphie, sous la direction d'Eugene Ormandy:

 

 

Cependant, l'année suivante est marquée par un drame personnel: la mort de NikolaPi Rubinstein, son ami de toujours. Profondément touché, Tchaikovsky est inconsolable. C'est en son honneur qu'il compose son Trio pour piano, oeuvre a part pour un compositeur habitué aux orchestres et aux grandes formations. Cette oeuvre au caractère tragique est dédiée "A la mémoire d'un grand artiste", bel hommage pour un ami disparu trop tôt... Voici une version pour le moins prestigieuse, avec Vladimir Horowitz au piano, Isaac Stern au violon et Mstislav Rostropovitch au violoncelle, pas dans son intégralité cependant, car l'oeuvre dure environ 45 minutes:

 


 

C'est alors que Tchaikovsky reçoit une requête étonnante du compositeur Mili Balakirev, a qui il a dédié sa fantaisie Roméo et Juliette:

 

"Je serai heureux de vous rencontrer et j’aimerais à cette occasion vous faire part du programme d’une symphonie que vous mèneriez à bien magnifiquement. Je dois vous avouer que j’ai récemment étudié vos partitions et, il est nécessaire de le dire, je me suis réjoui de voir combien votre talent s’était développé et avait gagné en force. Vous avez atteint votre apogée dans vos deux poèmes symphoniques La Tempête et Francesca da Rimini, surtout dans ce dernier. Mais pourquoi les avoir si malencontreusement baptisés “fantaisies” ? Peut-être parce que tout baron possède sa propre fantaisie. Il me semble que dans le sujet que je vous ai préparé vous devriez faire aussi bien que dans ces pièces, car je pense que j’ai très bien mis à jour l'endroit où réside votre force."

 

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Mili Balakirev

 

Puis, poursuivant dans une autre lettre:

 

"J’ai fait à l’origine cette proposition à Berlioz, qui l’a déclinée car son âge et son état de santé le portaient à ne plus composer du tout. La partition de votre Francesca me donna l’idée que vous réussirez brillamment, à condition que vous vous exerciez, que vous critiquiez sévèrement votre œuvre, que vous permettiez à votre imagination de mûrir et que vous ne vous pressiez pas pour terminer la chose. Je ne pourrais la réaliser moi-même car elle ne s’accorde pas à mon état d’esprit ; en revanche, elle vous va comme un gant. C’est Manfred de Byron dont voici le programme (...)"

 

En effet, en 1868, Balakirev, impressionné par le Harold en Italie de Berlioz, avait proposé a celui-ci la composition d'une symphonie basée sur le Manfred de Lord Byron. Mais Berlioz, malade, décède l'année suivante. Balakirev confie donc le projet a Tchaikovsky, qui achève le projet en quelques mois. Il s'agit de la première oeuvre de Tchaikovsky nécessitant un orchestre élargi. La voici, interprétée par l'Orchestre Philarmonique d'Oslo, sous la direction de Mariss Jansons:

 

En 1888, Tchaikovsky prépare une nouvelle symphonie, mais s'évère assez insatisfait du résultat. Lors de la première représentation, le public se montra enthousiaste, mais les avis de la presse étaient totalement défavorables. Il s'agit d'une oeuvre a part, la seule possédant un thème, "la providence" selon Tchaikovsky, revenant dans les quatre mouvements. L'écriture de cette symphonie permet au moins a Tchaikovsky de renouer avec le succès, alors qu'il traversait une période noire, depuis 1882 et la mort de Rubinstein. Il s'agit de mon oeuvre préférée du compositeur, et je n'ai pas retrouvé la version que je voulais, celle du Philarmonique de Berlin dirigé par Karajan, donc du haut, du trés haut niveau... J'ai trouvé à la place une bien belle version, mais un peu ancienne et avec un son qui n'est pas de trés bonne qualité. Il serait tout de même dommage de ne pas apprécier la magnifique interprétation de l'Orchestre Philarmonique de Leningrad, dirigé par Yevgeny Mravinsky.

 

 

Arrivé au seuil de la vieillesse, Piotr Tchaikovsky aborde dés lors l'une des périodes les plus créatives de sa vie...

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/25/Tchaikovsky_museum_Klin.JPG

 

La maison de Tchaikovsky a Kline, non loin de Moscou. Le compositeur y séjourna durant les dix dernières années de sa vie. Elle est aujourd'hui devenue un musée consacré a son prestigieux occupant.

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Publié dans Musique

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