Tchaikovsky, 2éme partie: La reconnaissance

Publié le par napo64

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Après avoir acquis la reconnaisance de son immense talent, Piotr Ilitch Tchaikovsky va connaitre, a partir de la fin des années 1870, une série de succès proffessionnels, conduisant a un certain confort matériel.

 

Ainsi, le compositeur rencontre t'il en 1876 Nadejda von Meck, qui sera sa mécène durant 14 ans. Cette riche veuve, qui est l'une de ses plus ferventes admiratrices, lui verse une pension de 6000 roubles par an, ce qui améliore considérablement ses conditions de vie et lui procure un confort matèriel qu'il n'avait auparavant pas vraiment connu. Cependant, Tchaikovsky et von Meck se sont trés peu vus durant ces 14 années. Ils communiquaient en effet presque exclusivement par lettres.

 

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Portrait de Nadejda von Meck

 

Cependant, malgré sa réussite artistique, la vie privée de Tchaikovsky est un désatre. En effet, pour "étouffer" ses penchants homosexuels, le compositeur épouse une de ses anciennes élèves, Antonia Milioukova. Bien que passionnée et réellement amoureuse, Antonia déplait au compositeur, qui tente de se suicider.


C'est dans ces conditions désastreuses qu'a la fin de l'année 1877, Tchaikovsky dédicace sa quatrième symphonie a Nadeja von Meck.

 

Il compose les trois premiers mouvement de cette symphonie lors d'un voyage a Venise, ou il séjournait a l'actuel Hôtel Beau Rivage. Sa première idée fût de la nommer Les deux lions, allusion au lion de Saint-Marc et au lion rampant anglais; ce sout-titre n'a cependant pas été retenu par le compositeur. Voici donc cette symphonie N°4, nterprétée par le Orchestre Symphonique de Chicago, sous la direction de Daniel Barenboim.

 

 
 

 

La symphonie N°4 devient rapidement extrêmement populaire, et reste durant toute la fin du XIXéme siècle l'une des plus jouées a travers le monde.

 

La même année, il achève son premier grand ballet, Le Lac des cygnes. Cela faisait longtemps que le compositeur désirait s'essayer a ce genre, considéré comme mineur au XIXéme siècle. Bégitchev, intendant du grand théâtre de Moscou, prépare le livret. Julius Reisinger est pressenti pour la chorégraphie. Mais celui-ci n'apprécie pas la musique de Tchaikovsky, qu'il juge trop "ambitieuse", et ne collabore pas avec le compositeur. Il modifie la partition, supprimant certains passages.

 

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Anna Sobechshanskaya dans le rôle d'Odette, lors de la première représentation en 1877.

 

Ainsi, lors de sa première représentation, Le Lac des cygnes est un échec. Cependant, durant les années qui suivent, le ballet connait quarante représentations. Ce n'est qu'aprés la mort de son auteur que l'oeuvre sera représentée dans son ensemble, avec la musique originale de Tchaikovsky.

 

Avec Le Lac des cygnes, Tchaikovsky révolutionne le ballet. En effet, leurs mélodies étaient jusque-là confiées a des compositeurs spécialisés dans le genre, créant une musique légère et ryhmée, simple accompagnement des chorégraphies. Tchaikovsky est le premier compositeur symphonique a créer une musique pour un ballet. C'est ainsi qu'il découvre par exemple la technique du leitmotiv, associant un théme musical a un personnage.

 

Je n'ai pas pu trouver de vidéo convenable restituant le ballet lui-même, c'est pourquoi je propose ici la mélodie seule, avec l'Orchestre de Philadelphie, composé par Riccardo Muti. Bien qu'un peu trop lente a mon gout, notamment pour la célébrissime première scène, cette version est tout de même convenable; et Muti mon chef d'orchestre préféré. Voici donc l'Acte I ce monument de la musique classique en intégralité.

 

 

Parallèlement au Lac des cygnes, Tchaikovsky s'essaie a la même période a un genre différent: l'opéra. Bien qu'étant déjà l'auteur de quatre opéras, le compositeur n'a jamais eu beaucoup de chance dans ce domaine. Sa deuxième oeuvre, Ondine, n'a même jamais été représentée. C'est ainsi qu'entre 1877 et 1878, il crée Eugène Onéguine, opéra adapté d'une nouvelle d'Alexandre Pouchkine, narrant les aventures d'un jeune dandy issu de la noblesse pétersbourgeoise. Cette oeuvre est son premier grand succés dans ce genre, qui est toujours resté mineur dans l'oeuvre du compositeur.

 

Pour son opéra, Tchaikovsky prend le parti de la fidélité a l'oeuvre originale, tout en composant une musique aux accents dramatiques. Ecrit en une nuit, le scénario de Tchaikovsky abandonne cependant le parti de la continuité. Les différents actes sont autant de morceaux choisis de la vie du héros. L'histoire d'Onéguine est déjà bien connue du public, et Tchaikovsky pensait que ce choix n'empécherait pas les spectateurs cultivés de suivre l'intrigue.

 

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Il compose son opéra entre Juin 1877 et Février 1878, en même temps que sa quatrième symphonie, envoyant au fur et a mesure les actes achevés a son ami Rubinstein, chargé de la mise en scène. Avec ce premier opéra, Tchaikovsky renoua avec le succés. Joué tout d'abord par les étudiants du Conservatoire de Moscou, au théâtre Maly, sous la direction de Nikolaï Rubinstein, puis deux ans plus tard au théâtre du Bolchoï.

 

Voici donc quelques extraits du premier opéra de Tchaikovsky, avec l'exceptionnel Dmitri Hvorostovsky dans le rôle-titre.

 

Tout d'abord, l'Air d'Onéguine, qui clôt l'Acte I:


 

Voici ensuite le final de cet opéra, avec tout d'abord l'Arioso d'Onéguine...


 

... et la scène finale:


 

Et pour finir, voici deux passages musicaux, une valse et une polonaise:

Pendant ces années d'intense production, qui voient également la reconnaissance de son talent a l'étranger, Tchaikovsky voyage beaucoup, en France et en Italie notamment. Le compositeur a ainsi ses habitudes au Café de la Paix, a Paris. Mais c'est l'Italie qui l'inspire le plus, musicalement parlant. C'est ainsi que lors de l'un de ses voyages, impressionné du carnaval de Rome, il commence a recueillir les mélodies traditionnelles italiennes, pour donner naissance a son Capriccio italien.
Voici donc cette magnifique fantaisie aux accents italianisants, interprétée par l'Orchestre Philarmonique de Berlin, sous la direction de Peter Wohlert:

C'est lors d'un autre voyage, en Suisse cette fois, que Tchaikovsky esty charmé par la Symphonie Espagnole d'Edouard Lalo. Il se met a apprendre la technique du violon, et compose dés 1878 un concerto pour violon, qui ne sera joué pour la première fois que trois ans plus tard. Mais Leopold Auer, célèbre violoniste hongrois et ami du compositeur, refuse de jouer l'oeuvre, qu'il juge trop difficile. Il s'agit d'ailleurs du seul concerto pour violon de Tchaikovsky. La premièer représentation, a Vienne en Novembre 1881, est un succé considérable. Cette oeuvre a été récemment remise au gout du jour par le film Le concert, de Radu Mihaileanu, sorti en 2009. Voici donc cette oeuvre, interprétée par David Oistrakh.

 

 

C'est ainsi que les années 1880 s'ouvrent sur une période d'intense créativité, et un succés croissant, faisant de lui l'un des grands compositeurs de son époque. Ce succés sera melheureusement éphémère.

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Publié dans Musique

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